Dessine-moi un mouton

0 Posté par - 8 octobre 2014 - Articles

La Nuit Blanche Paris 2014 ça vous parle ? Personnellement, tout le tapage autour de « l’orientation » Street Art de cette édition me rappelle que oui, la rue court à sa perte…

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Bienvenue dans une autre dimension

Depuis quelques temps déjà, de nombreux artistes ont assimilés l’importance et le potentiel qu’Internet et les réseaux sociaux pouvaient leur apporter.

Que ce soit Kidult, avec sa communication au cordeau et ses vidéos « chocs » (pour les moins avertis, car les vidéos dans lesquelles on peut voir des vandales agir et retourner murs et vitrines, ça date des V.H.S), Lush très présent sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, et bien d’autres, tous ont compris que la toile offre une profondeur à leurs travaux, permet une relation avec sa « communauté » et inscrit les œuvres dans la durée.

Si certains en usent, d’autres en abusent, cassant ainsi avec les codes et les valeurs qui font la force et sont l’essence même de ce « mouvement ». Quand on montre sa ganache, qu’on devient plus un personnage public qu’un véritable artiste, qu’on montre tous les dessous, on casse au final le secret et donc la magie de ce qui a fait que depuis plusieurs années, graffiti et Street Art n’ont cessé d’attirer en intrigant.

Le point d’orgue de cette vaste blague reste tout de même les expositions où l’on pose aux côtés de son street artiste chéri. Tout le monde devient pote avec tout le monde #bisounours.

Du vandalisme à la normalisation.

Exemple concret avec la récente Nuit Blanche de Paris et la fameuse Mairie du 13ème.

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« Oyez, oyez, braves gens ! Nous allons vous faire découvrir le Street Art ! Des artistes triés sur le volet, dans des lieux que nous avons choisi. Nous allons devenir la capitale mondiale du Street Art ! »

Pardon ?! On marche sur la tête ou bien ? Personne n’est choqué ? Là où certains y voient un accès à la culture (notre culture, au passage, qu’ils s’approprient) et une démocratisation, je ne peux m’empêcher d’y voir du foutage de gueule, de la manipulation et une grande dose d’opportunisme, bref, tous les ingrédients de la recette du vomito.

En gros, on nous dit quand sortir, où sortir, quoi voir comme « Street Art ». Avec tout le respect que je peux avoir pour certains artistes qui ont participé à cette Nuit Blanche cuvée 2014, valent-ils mieux qu’un Combo ou qu’un Boris entre autres, qui eux ne sont pas adoubés pour leurs travaux urbains mais qui en plus en payent le prix : amendes, jugements et parfois de la prison.

Une nouvelle mafia ?

Vous vous souvenez de la Tour 13, cet événement mondial (nan je rigole). Peu de temps après nous avons droit à Djerbahood, présenté comme «une nouvelle aventure pour un mouvement en effervescence dans un pays en devenir. » 

Derrière ces deux projets, Mehdi Ben Cheikh, Directeur de la Galerie Itinerrance, galerie située dans le 13ème arrondissement de Paris.

A vrai dire, pas très convaincu par le projet de la Tour 13 et encore moins du livre qu’on souhaite me faire acheter, mais convaincu de la finalité opportuniste et mercantile de la chose.

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En ce qui concerne Djerbahood, ce sont une centaine d’artistes de trente nationalités différentes, qui sont venu investir, pour être poli, le village d’Erriadh.

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Un beau dossier de presse accompagne l’événement, qui en réalité est bien maigre.

Pourquoi pas ou peu d’artistes tunisiens participent au projet ? Quels sont les échanges avec la population ?

Djerbahood qui se veut bienveillant est en réalité violent : c’est plus s’imposer qu’investir.

Sur 4 pages de communiqué de presse, voici ce qu’on peut lire :

« Une initiative pour la Tunisie

Le projet Djerbahood est à nouveau un projet hors du commun qui aura vocation à rester accessible au public gratuitement et à évoluer dans le temps (nouveaux artistes, nouvelles œuvres). Cette initiative artistique, ancrée dans un pays en reconstruction, offrira une nouvelle dynamique d’ouverture à la Tunisie et permettra aux visiteurs de l’île de découvrir un bijou du patrimoine tunisien de façon atypique. »

« Une initiative pour la Tunisie » qui a « vocation à rester accessible et gratuite ». C’est une blague ? Heureusement que c’est gratuit, c’est censé être du Street Art et en plus personne ne vous a rien demandé !

4 lignes sur les bienfaits du projets sur 4 pages ce n’est pas un peu léger ? Car tout le reste c’est du nombrilisme autour de la Galerie et du super projet.

Mais ce qu’il faut surtout retenir c’est que, petit à petit et appuyé par la mairie du 13, monsieur Mehdi Ben Cheikh et sa galerie commencent à s’imposer sur le Street Art parisien.

Une certaine main mise ? En tous cas, qu’une galerie qui travaille avec la mairie se présente comme porte drapeau et parole du Street Art à travers le Monde, chez INZESTREET ça nous dérange.

« On pourrait voir cette ville sans drogue/En vérité ils nous en donnent/Ce s’ra bientôt légalisé/Ils savent très bien qu’ça nous endort. » Hugo.

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